Home à la une Tentative d’intimidation du REGIME : Que veulent enfin ces acteurs hybrides ?

Tentative d’intimidation du REGIME : Que veulent enfin ces acteurs hybrides ?

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Battus à plate couture lors de la dernière présidentielle, les acteurs de la théorie du ‘’Moi ou le chaos’’ reviennent à la charge, cette fois-ci sous le manteau de la religion. Des Maliens en sont encore à se demander quel est leur objectif réel.

Les Bamakois ont eu droit, ce vendredi 5 avril, à une scène de théâtre digne du Kotèba national. Ils étaient aussi étonnés que surpris de voir s’amasser au centre-ville des centaines de milliers de badauds au dessein à peine voilé. Les manifestants ont encore une fois réclamé la démission de Soumeylou Boubèye Maïga de la Primature, et même le départ  du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta. Parmi la foule, on peut voir des hommes politiques à l’instar de Housseini Amion Guindo dit Poulo, président du parti Codem ; Dr Oumar Mariko, président du parti Sadi ; des membres du cabinet du chef de file de l’opposition. On pu aussi noter la présence des religieux, dont le président du Haut conseil islamique du Mali (HCI), Mahamoud Dicko. Ce dernier serait l’organisateur principal du fameux meeting, avec la bénédiction du Chérif de Nioro. Ainsi, des responsables politiques se sont acoquinés avec des acteurs religieux, donnant à la manifestation un caractère hybride. Faut-il rappeler tous les hommes politiques qui ont pris part  au meeting du vendredi ont tous une dent contre le régime en place, à qui ils n’ont vraisemblablement pas pardonné le revers qu’ils ont subi lors de l’élection présidentielle de juillet-août 2018. A en plus, ils craignent tous le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga comme la peste. Si cette marche qu’ils appellent une démonstration de force a pu mobiliser, c’est certainement dû à un concours de circonstance. Car dans les rangs, on pouvait apercevoir des enseignants grévistes qui en veulent à mort au président IBK et à son gouvernement qui refusent de céder à leurs caprices. Le gouvernement a même procédé à des retenues sur leurs salaires. Ils étaient sûrement à la première loge de la manifestation. A côté d’eux, se tenait une catégorie un peu spéciale de manifestants. Elle était composée des Peuls qui voyaient en ce mouvement une tribune pour donner de la voix en dénonçant le massacre des leurs dans le centre du pays. Dans ce même registre, on retrouve les Dogons qui estiment, eux, que le gouvernement les accuse implicitement d’être des auteurs de certaines tueries, notamment à Ogossagou. Il y avait aussi des parents d’élèves, frustrés de voir leurs enfants privés d’école depuis plusieurs mois. Les parents des soldats tombés sur le champ de l’honneur étaient aussi de la partie. Viennent s’ajouter toutes les couches désœuvrées, dont les activistes et les jeunes en manque de sensation forte, qui pensent que le régime IBK est la source  de leur misère. Mais ce qu’il y a lieu de souligner, c’est qu’ils n’avaient pas les mêmes objectifs. Si pour certains il s’agissait juste de dénoncer la gestion du pays, d’autres par contre voulaient carrément le départ du régime en place. En témoigne les propos va-t-en guerre tenus par le Chérif de Nioro, Bouyé Haïdara, lui qui a affirmé que lorsqu’ils sortiront, ils ne retourneront avant d’avoir obtenu gain de cause. Ou encore, que si un seul manifestant perdait la vie, ils perdront les leurs le lendemain.  Des propos menaçants et inquiétants, il y en avait à l’image de ceux tenus par Kaou Djim, le supposé porte-parole de Mahamoud Dicko. Sans gêne et sans remord aucun, il affirmait que ce mouvement était le dernier acte, et qu’il n’y aurait plus d’avertissement pour IBK.

Des vrais acteurs hybrides

Le Premier ministre, lors d’une de ses sorties médiatiques, affirmait qu’ils avaient à faire à des acteurs hybrides qui, une fois vaincus sur un terrain, se muent en autre chose pour continuer le combat. Les événements de ce vendredi viennent corroborer ses dires.  En effet, les politiques et les religieux qui s’étaient coalisés pour ce meeting étaient les mêmes acteurs qui avaient lamentablement perdu contre Soumeylou Boubèye et ses alliés de EPM lors de la présidentielle. Ce, malgré le soutien de leurs « millions » de militants et de sympathisants et celui de certains leaders religieux, dont le Chérif de Nioro.

«Le pouvoir ne se ramasse pas dans la rue», confie un célèbre homme politique malien. C’est une réalité que, malheureusement, ces politiciens déguisés en religieux font semblant d’ignorer.  Comment des soi-disant démocrates peuvent-ils s’allier avec des individus aux desseins inavoués pour demander le départ d’un président élu par son peuple. Le peuple qui était dans la rue ce vendredi n’est pas celui du Mali. Si c’était réellement le peuple malien, comme l’a indiqué le Premier ministre, le régime actuel ne serait pas là où il est aujourd’hui. Ceci est d’autant plus vérifié qu’on a vu des centaines de cars et de bus quittés les régions pour venir grossir les rangs des manifestants.   

Pour sûr, le régime n’a pas cédé à la provocation et à la menace, car il a compris que les acteurs en face sont des agents hybrides et des partisans de la théorie du ‘’Moi ou le chaos’’.  La lâcheté aurait-il poussé ces politiques et ces ‘’religieux’’ à combattre le régime ? Rien n’est moins sûr.   Qu’à cela ne tienne, le pouvoir ne se ramasse pas la rue.

Dieu veille !

Harber MAIGA

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