Home à la une BABA DAKONO, CHERCHEUR, A PROPOS DU CONFLIT AU CENTRE : « Il...

BABA DAKONO, CHERCHEUR, A PROPOS DU CONFLIT AU CENTRE : « Il y a des solutions à court terme »

54
0


Le conflit au Centre attire toutes les attentions actuellement au Mali et même au-delà. Tout le monde semble dépassé par les événements d’une extrême violence. Cependant, le chercheur Baba Dakono pense qu’il y a des solutions à court terme.

Azalaï Express : Quelle est votre lecture de la situation au centre du Mali ?

Baba Dakono : Ce qui se passe au centre du Mali est très complexe, mais doit être analysé suivant les différentes zones de tension qui existent dans cette partie du Mali.

 On a tendance à ramener toute la dimension conflictuelle au centre du pays à travers une prise monolithique, alors qu’en fait, il y a au moins trois zones de conflit au Mali ; notamment la zone inonder (Teninkou, Youwarou), la zone aérée (de Douentza au Burkina) et la zone appelée communément le plateau dogon.

Malheureusement, depuis quelques années, l’insécurité s’est propagée dans tout le pays et a trouvé un terrain fertile dans le Centre du Mali.

 Aujourd’hui, l’impression est que les communautés sont prises dans un engrenage de violence qui inclut divers acteurs, notamment des groupes extrémistes violents, des réseaux de trafic qui opèrent sur la frontière Mali-Burkina.

 Ce qui se passe au Centre du Mali est une spirale de violence dans laquelle sont prises les communautés,  finalement qui donne l’impression que nous sommes dans le cadre d’un conflit intra et intracommunautaire qui sont des dynamiques présentes et une dimension pressante dans cette localité.

 Toute l’insécurité ne peut pas être réduite au Centre du Mali, au seul fait que l’affrontement entre certaines communautés est historique.  Ce qui a changé depuis 2012, c’est la présence massive d’armes et l’accès facile à ces armes fait qu’il y a beaucoup plus d’ampleur dans ces affrontements en termes de violence et de tuerie.

Quelles solutions proposez-vous pour résoudre ce problème ?

Il y a des solutions à court terme.

Ces solutions passent nécessairement par la pacification de cette zone, le désarmement de tous les acteurs.

 Aujourd’hui, le groupe d’autodéfense Dana Amassagou focalise l’attention, mais il est important de savoir que ce n’est pas le seul acteur armé dans la zone. Il y en a une multitude.

 Au-delà des groupes armés, individuellement, des populations se sont armées. Donc, il est important de promouvoir un processus de désarmement  efficace qui doit reposer au préalable sur le rétablissement  d’un minimum de confiance entre les acteurs présents.

 Les gens ont pris des armes puisqu’ils avaient le sentiment qu’ils n’étaient pas en sécurité ; car l’Etat avait une présence assez relative dans ces localités. Toute chose qui a donné l’impression généralisée aux communautés qu’elles sont seules maîtresses de leur sécurité.

Sous les solutions à long et moyen termes, c’est la présence de l’Etat. En plus de sa présence, l’Etat doit apporter une réponse  élémentaire à la communauté. Ce besoin élémentaire est d’abord la sécurité, mais c’est aussi l’éducation, la santé et la justice.

Entretien réalisé par Sanata GOITA et DIAKO (stagiaire)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here