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Mahmoud Dicko : « Je jure par Dieu, si IBK s’entête, son départ sera inscrit dans les annales »

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Le front anti-IBK a tenu son rassemblement du 5 juin au monument de l’Indépendance pour exiger la démission du président la République. Au cours de ce rassemblement, les organisations ont décrété le maintien de la contestation jusqu’à la démission du chef de l’Etat. « Ce n’est que le début », a déclaré l’iman Mahmoud Dicko qui jure sur Dieu de le faire d’une manière ou d’une autre.

A l’appel de l’Imam Dicko et des partis politiques de l’Opposition, des milliers de personnes se sont rassemblées au monument de l’Indépendance, le vendredi dernier. Tous se sont dits préoccupés par les scandales de corruption, les violations des droits de l’homme, le non respect des textes, l’enlisement de l’insécurité au Nord et au Centre…

Les différentes sorties médiatiques à la veille pour saboter le dit rassemblement n’ont pas découragé les manifestants à se ruer vers le point du rendez-vous. Outre Bamako, des délégations venues de plusieurs régions y étaient présentes. Tous réclament le départ du président Ibrahim Boubacar Keïta pour avoir été incapable de satisfaire les aspirations légitimes de la population.

Au monument de l’Indépendance, les manifestants scandaient « IBK démissionne », « Manassa démissionne ». Aussi, sur les pancartes on pouvait lire « Sept ans de corruption, ça suffit ! », « IBK nous a déçus », « IBK a montré ses limites, qu’il démissionne », « Ce régime est un coronavirus pour le Mali », etc.

Perché sur un podium spécialement installé, l’imam Mahmoud Dicko, à l’entame de ses propos, a fait son mea-culpa pour avoir invité le peuple malien à voter en faveur d’IBK en 2013. « Aujourd’hui, moi et le Chérif de Nioro demandons pardon au peuple malien pour cette décision », s’est excusé M. Dicko. Malgré ce remord et regret, Mahmoud Dicko a soutenu qu’ils ont patienté et même qu’ils ont conseillé le président en vain face à des dérives de gestion. Donc, pour lui, le moment est venu de ne plus se taire et, a-t-il ajouté, contre tous les biens (argent) de ce pays, il ne gardera pas le silence.

Sa priorité, dit-il, c’est le Mali avant de déclarer que le régime doit se détromper en pensant que son combat est contre lui. « Notre combat est de sauver la patrie. Ce n’est pas un combat contre IBK et son régime qui sont éphémères. Mais, le Mali qui doit demeurer », a indiqué Dicko ne cessant d’intimider le pouvoir par sa capacité de mobilisation.

L’influent imam a également dénoncé la stratégie du pouvoir de diviser les forces vives de la nation pour régner. Cela n’est pas soutenable parce que c’est loin d’être un système de gouvernance d’un Etat. Le pire, cette division est répercutée au sein de l’armée. « Ce n’est pas avec le clanisme et la division au sein de l’armée que l’on pourra récupérer l’Azawad », a mis en garde Mahmoud.

De même dans son intervention, il est revenu sur certains récents événements dont la répression de la manifestation des jeunes dans la région de Sikasso où plusieurs personnes ont été tuées lors des heurts entre manifestants et des éléments d’une unité spéciale. Une scène révoltante pour l’ancien Président du Haut conseil islamique du Mali, car proteste-t-il « un régime démocratique et légitime ne tue pas son peuple ».

En outre, a-t-il ajouté, sa convocation avortée par la justice consistait à l’arrêter pour des propos qu’il n’a pas tenus. Toutefois, s’il y a une personne qui doit rendre compte au peuple et à la justice, c’est bien IBK et son gouvernement mouillés dans les affaires de corruption. « Ce sont eux qui doivent rendre compte à ce brave peuple », a indiqué l’imam Dicko.

Et de par sa gestion du pouvoir, il a affirmé qu’IBK « a fait subir au peuple malien, l’humiliation ultime ».

Devant ses milliers de partisans ce jour, Mahmoud Dicko a durci le ton en lançant un ultimatum au président de la République. Pour lui, cette mobilisation n’est que le début si jamais IBK ne rend pas sa démission. « Je jure que si ce rassemblement ne lui sert pas de leçon, il en prendra en compte. (…) Pas de casse, ni d’insulte, nous demandons à IBK et à son gouvernement de partir », a-t-il insisté sous des ovations des manifestants motivés et pressés d’en finir avec le pouvoir.

L’exemple Algérien en essai à Bamako

Les trois organisations, à l’initiative de la mobilisation, dans leur déclaration ont donné jusqu’à 18 heures au plus tard à IBK de démissionner ce vendredi. « Nous allons rester mobilisé au monument de l’Indépendance jusqu’à la démission du pouvoir. Nous demandons à tous les Maliens de ne pas se démobiliser », a affirmé le porte-parole de la CMAS, Issa Kaou Djim,

Egalement, pour Nouhoum Togo, l’un des membres du cabinet du chef de file de l’Opposition, l’alternative pour ce pays est le départ d’IBK et de tout son clan qui ont fait une mainmise sur tout. « Le peuple est souverain. Il a demandé le départ du régime actuel. Donc, ceux qui gèrent doivent être conscients de cet appel et de rendre le tablier », a soutenu M. Togo. Comme, ce qui s’est passé en Algérie, nous allons maintenir la mobilisation jusqu’à ce que l’on obtienne de ce régime qui en sept ans a échoué à tenir toutes ses promesses.

Après la déclaration de ce nouveau front contre IBK, des manifestants très en colère se sont dirigés vers le domicile privé du président de la République, à Sébénicoro. L’objectif étant de le contraindre à démissionner. En tentant d’empêcher ce coup de force, des heurts ont éclaté entre des forces de l’ordre et des manifestants : des jets de gaz lacrymogène contre des cailloux. De même, des pneus ont été brûlés sur la route. La scène de violence a duré pendant plusieurs heures. Selon des sources, l’incident a fait plusieurs blessés des deux côtés et des dégâts matériels importants.

Hamadoun MAHAMANE

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