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Maitrise de la flambée des prix : les grandes mesures du Gouvernement pour soutenir le panier de la ménagère

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Le Mali connaît une sensible augmentation sur le prix de certaines denrées de première nécessité. Bien vrai que la situation se justifie aisément par une conjoncture internationale, le gouvernement a décidé d’utiliser tous les leviers possibles pour maintenir les prix à la portée de la bourse des populations.

« Application d’une valeur administrative servant de base de calcul des droits et taxes au cordon douanier (200.000 FCFA/tonne et 225.000 FCFA/tonne respectivement sur le riz et le sucre) inférieure à la valeur transactionnelle normale ; suspension de la TCI sur les importations du sucre dans le cadre du programme de jumelage avec la production locale ; suspension de la perception de la TVA à l’importation et à l’achat local de la graine de coton pour la stabilisation du prix de l’huile locale et du tourteau de coton ; suspension des droits et taxes à l’importation du blé dans le cadre de la convention cadre avec le ministère de l’Economie et des Finances pour la stabilisation du prix du pain ; subvention directe à la consommation du gaz butane contenu dans les emballages de 6 kg et 2,75 kg ; homologation du prix du carburant, entre autres, ce sont les grandes mesures, en matière de consommation, des autorités pour soulager les ménages. En plus, d’autres mesures incitatives sont également en cours pour booster l’offre en vue de contribuer à stabiliser des prix. Ces mesures se matérialisent par l’exonération des droits et taxes au cordon douanier ou à travers une subvention directe ou indirecte à la consommation.

La DGCC en alerte rouge

Conformément à sa mission de surveillance des marchés et de protection des consommateurs, la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence veille au grain quant aux pratiques anticoncurrentielles, qui risquent d’anéantir les efforts du gouvernement dans le mécanisme d’atténuation des effets de la flambée des prix.

En effet, l’expérience a démontré qu’en des pareilles circonstances comme celle actuelle, des esprits malins s’adonnent à une spéculation injustifiée ou à des pratiques de concurrence déloyale, ainsi les services techniques de la Dgcc ont décidé d’accentuer la surveillance. Ce, en vertu des dispositions de la Loi N°2016-006 du 24 février 2016 portant organisation de la concurrence, qui stipule que les prix des biens et services sont libres sur toute l’étendue du territoire national et sont déterminés par le seul jeu de la concurrence.

Toutefois, interdisent-elles, les pratiques visant à faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse.

En vertu de la loi citée ci-dessus, les augmentations des prix doivent se justifier objectivement à travers la hausse d’un élément de charge  de la structure des prix.

La réglementation, en vigueur au Mali, impose certes la liberté des prix à travers le  mécanisme de l’offre et de la demande. Cependant, cette liberté doit s’exercer dans un environnement commercial garantissant l’information du consommateur et débarrassé  des pratiques commerciales frauduleuses et anticoncurrentielles comme, les ententes illicites, la rétention des stocks, la revente à prix imposés ou prédateurs, vente à perte, etc.

C’est dans ce cadre que les brigades d’investigation de la Dgcc ont multiplié des interventions pour constater des manquements à la règlementation. Les contrôles économiques ont concerné les huileries, les minoteries, les boulangeries, les imports – exports et les circuits de distribution  des produits de grande consommation. Des procès-verbaux ont été dressés contre les contrevenants et les manquements graves ont été portés devant les tribunaux compétents.

Soutenir le panier de la ménagère

Règlementation des prix est l’un attribut de la Dgcc. En situation extrême, pour soutenir le pouvoir d’achat du consommateur, le gouvernement peut invoquer l’Article 38 de la loi n°2015-036 du 16 juillet 2015 portant protection du consommateur.

En effet cet article stipule que « lorsque la fixation des prix par le libre jeu de la concurrence est limitée pour quelque raison que ce soit, dans des situations de crise ou de hausse excessive de prix sur le marché, le Gouvernement peut, par décret pris en conseil des ministres, réglementer, fixer ou limiter la concurrence sur les prix ».

Cependant une telle mesure peut produire des effets contraires au but visé. Entre autres inconvénients de la fixation des prix, on peut citer : le ralentissement des importations pour approvisionner le marché ; la réticence des banques à financer les opérations d’importations qui ne pourront plus être rentables ; le risque de réexporter le produit vers les pays voisins où les prix sont plus concurrentiels.

Dialogue tous azimuts avec tous les acteurs

Compte tenu de la sensibilité du phénomène de la flambée des prix, le gouvernement a décider de privilégier le dialogue avec tous les acteurs économiques pour parvenir à amortir les effets des chocs exogènes. Plusieurs cadres de concertation existent à cet effet : le comité de veille est composé des représentants de l’ensemble des structures techniques et organisations impliquées dans le suivi de l’approvisionnement du pays en produits de première nécessité. Il se réunit hebdomadairement pour valider les rapports élaborés par les structures techniques sur l’évolution des prix et des stocks ; les cadres de concertation statutaires (filière pain, viande, pomme de terre, ferraille, etc.) se réunissent pour faire l’état des filières concernées ; le conseil national des prix, c’est un organe consultatif créé auprès du ministre en charge du commerce pour émettre des avis sur l’évolution des prix. Il est composé de l’ensemble des structures techniques, des organisations de la société civile y compris les associations des consommateurs, des organisations consulaires et patronales, des opérateurs économiques.

Pour sûr, le gouvernement avec l’implication de tous les acteurs veillent au grain pour maîtriser les prix à un niveau raisonnable et accessible pour le panier de la ménagère. Comme quoi les autorités ne sont pas indifférentes à la situation de conjoncture.

Dieu veille !

Harber MAIGA

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