Home à la une Mali : Panique au sommet de la République

Mali : Panique au sommet de la République

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Le Mali est en lambeaux. Ça tance dans tous les sens. A tous les étages de l’appareil d’Etat, c’est la désunion et presque le sauve-qui peut. Les contestataires ne désarment pas et c’est la panique à tous les niveaux.

La sérénité a foutu le camp du Mali depuis un mois. Face à la rue qui ne désemplit plus, Sébénikoro a perdu le sommeil. Le président IBK et ses hommes sont acculés dans leur dernier retranchement par une foule chauffée à blanc par l’imam Mahmoud Dicko et presque toute l’opposition politique. Un seul mot d’ordre : la démission du chef de l’Etat. Ce dernier, surpris par l’ampleur de la situation, abasourdi et désorienté, est presque affolé. Il se mélange les pinceaux. Entre tâtonnement et décisions hasardeuses et improvisées, IBK ne sait plus où donner de la tête. Il lui a fallu plus de 72 heures pour qu’il daigne sortir de son confort royal pour s’adresser à la nation après la manifestation du 5 juin, qui a mobilisé des milliers de frustrés et d’aigris contre sa gestion. Cherchant ses mots et trébuchants sur les temps de la conjugaison, il a vite perdu son français soutenu et le latin grec dont il raffole. Le temps d’une semaine, IBK a blanchi comme du Kaolack. Sous la pression de sa majorité présidentielle, il a tenté de sauver les meubles en ramenant la rue à la maison. Seulement voilà, sa sortie du mardi dernier est aussi ratée que la première. Les décisions et les mesures édictées n’ont pas suffit pour calmer les ardeurs de l’imam et sa bande qui attendent mieux. C’est-à-dire la dissolution de la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale. En lieu et place, IBK propose un gouvernement d’union nationale et l’application de l’article 39 relatif au statut du personnel enseignant. L’offre était trop peu aux yeux de la horde de contestataires qui se sont donné rendez-vous pour une sonde fois le vendredi 19 juin, avec comme d’ordre de marcher sur le palais présidentiel pour réclamer sa démission pure et simple.

Dans cette démêlée qui a mobilisé plus que la première fois, Sébénikoro est esseulé. Sous la pression des émissaires de la Cedeao, il va devoir lâcher du lest. Des sacrifices sont à consentir pour tenter de sauver ce qui reste de son pouvoir.

Gagné par la panique, l’hémicycle a décidé de donner de la voix en tentant, à travers une résolution, de s’opposer à sa dissolution. Les députés ont trouvé, pour certains, des mots un peu forts pour traiter les manifestants. Son président est allé jusqu’à traiter les frondeurs de « djihadistes ».

Dans la foulée, quatre conseillers de la Cour constitutionnelle ont décidé de jeter l’éponge, car l’institution a été fortement décrédibilisée au sortir des dernières législatives. Même les émissaires de la Cedeao s’accordent à dire que la crise actuelle est née d’un arrêt de cette Cour.

Les alliés du président se disent dépassés par les évènements et l’attitude de Sébénikoro qui ne respecte rien de ce qu’ils lui proposent. Seuls quelques activistes et soutiens isolés donnent de la voix. Mais pas de la meilleure des manières. Leur stratégie de vouloir défier les manifestants n’est pas pour arranger les choses.

La panique s’est installée jusque dans les rangs de la grande muette, où l’Etat-major tente, par des décisions, de garder ses hommes dans les casernes pour ne pas se laisser distraire ou embarquer par les manifestants.

Pour sûr, la frayeur est palpable à tous les niveaux de l’Etat. Il reste à voir ce que décidera le vieux de Sébénikoro qui, vraisemblablement, n’a plus assez d’options.

Dieu veille !

Harber MAIGA

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