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Mise en œuvre de l’Accord : les grandes puissances divisées sur le régime des sanctions

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United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) Antonio Guterres attends a press conference following the UNHCRs annual Executive Committee meeting on October 3, 2014 at the United Nations Office at Geneva. AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI (Photo credit should read FABRICE COFFRINI/AFP/Getty Images)


Le Conseil de sécurité des Nations unies a examiné, le mercredi 12 juin, le mandat de la Minusma et la situation en général du Mali. A part les USA qui ont émis des réserves, presque tous les autres pays membres des Nations unies ont exprimé la nécessité de renouveler la mission de la Minusma dont le mandat arrive à terme à la fin de ce mois.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est prononcé, le mercredi dernier, sur la situation du Mali, en présence du ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, ainsi que le représentant spécial de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif. Au cours de cette réunion, des pays membres des Nations unies ont évalué et examiné notamment la situation sécuritaire, politique, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et le mandat de la Minusma.

Sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la situation sécuritaire au Mali, les USA ont exprimé leur indignation. Selon son représentant, M. Rodney Hunter, c’est déplorable qu’à chaque réunion du Conseil qu’ils ne cessent « de parler de la dégradation de la situation sécuritaire, avec toujours plus d’attaques contre les civils et les soldats de la paix ». La preuve : entre janvier et juin, les attaques au Mali a fait plus de 400 morts civils et occasionné de milliers de déplacés internes. Le drame de Sobane Da qui a fait des dizaines de morts en est également l’illustration de cette dégradation de la sécurité dans le pays.

Abordant la mise en œuvre de l’Accord pour la paix, M. Hunter, d’un ton de fermeté et de rigueur, s’est montré déçu des résultats atteints après quatre ans. Selon lui, l’application de l’Accord connaît un « le statu quo » qui n’est plus acceptable.

Par ailleurs, des pays sont partagés quant au régime de sanctions contre des parties prenantes de la mise en œuvre de l’Accord. Si les USA sont favorables, à l’image de la Belgique et le Royaume-Uni, à son application, la Fédération de la Russie pense le contraire. Elle a appelé les autres membres des Nations unies «à éviter de brandir des sanctions infondées » ; car il revient aux organes de la justice malienne d’agir pour autant que l’on normalise la situation.

Plus de complaisance envers les troupes peu efficaces de la Minusma

Pour le renouvellement du mandat de la Mission onusienne au Mali, il devra tenir compte de certains facteurs, a précisé le représentant des USA. D’abord, il pense qu’il y a la nécessité de faire pression sur les groupes armés pour qu’ils adhèrent à l’Accord de paix. Cette pression, a-t-il déterminé, doit être exercée en prévenant des conséquences qui attendent ceux qui saboteraient l’Accord de paix. Il faut également, dans la perspective du renouvellement du mandat de la Minusma, accorder la priorité à la question de la sécurité dans le Centre du pays, où des conflits communautaires font des centaines de morts. Aussi, le pays de Donald Trump estime-t-il qu’il est temps de rompre avec la complaisance quant aux casques bleus de la Minusma. Ainsi, pour les USA, le nouveau mandat de la Minusma doit également tenir compte de la performance de la Mission. La Minusma doit avoir des contingents bien formés et ne pas hésiter à se séparer des troupes peu efficaces, a déclaré M. Hunter. 

Le Royaume-Uni appelle à la révision du plan de sécurité dans le Centre

Quant à l’insécurité dans le Centre du pays, à l’unanimité, les Nations unies ont exhorté le gouvernement à prendre des mesures pour désarmer toutes les milices. 

« Le Gouvernement à intensifier ses efforts pour protéger la population, rétablir l’autorité de l’État et assurer l’accès aux services sociaux », a appelé de son côté la représentante de la Pologne, Mme Joanna Wronecka. Pour elle, le désarmement des milices ethniques et des groupes d’autodéfense et la lutte contre l’impunité pour les atrocités commises contre la population ces derniers mois doivent être l’une des priorités des autorités maliennes.

Dans le cadre de la protection de la population, le gouvernement malien, avec l’appui des partenaires, a mis en place en 2018 un Plan intégré de sécurisation des régions du Centre. Il a permis dans le discours officiel de l’Etat malien d’augmenter l’effectif des soldats maliens au Centre, de créer des postes de sécurité avancés, etc. Malgré ces efforts, les morts se comptent par centaines, avec des déplacements massifs de la population de leur terroir. Face au bilan macabre dans le Centre, le Royaume-Uni a estimé nécessaire de réviser le Plan de sécurisation dans le Centre.

S.K

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