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Nouveau Gouvernement : les raisons d’un blocage

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Plus d’une semaine après la nomination du Premier ministre, un gouvernement de large ouverture peine à se mettre en place. Plusieurs raisons expliqueraient ce blocage.

Après la nomination du Premier ministre, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta a décidé de consulter l’ensemble des forces vives de la nomination dans la perspective de la mise en place d’un gouvernement de mission devant aboutir à l’apaisement du climat politique et social très tendu. Si les différentes consultations devaient aller très rapidement, force est de constater que plus d’une semaine après, la situation est au point mort. Si la majorité présidentielle n’a pas posé assez de problèmes pour envoyer les CV des potentiels ministrables, ce n’est pas le cas de l’opposition dans l’ensemble de ses composantes. En effet, la Coordination des forces patriotiques (Cofop) et le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) ont posé des conditions, notamment un accord politique assorti d’une feuille de route chiffrée et datée. Après plusieurs jours de tergiversation, un accord a été rédigé entre la majorité et l’opposition et devrait être remis au président de la République par les soins de Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition, avant-hier samedi. Mais tout laisse croire que cet accord ne serait pas accepté par le chef de l’Etat. Car, il serait très contraignant.

Selon Housseini Amion Guindo, un responsable de la Cofop, il n’est pas question pour eux d’accepter de rentrer dans un gouvernement sans des garanties. Ces dernières se résumeraient à l’établissement d’une feuille de route avec des chiffres et des dates d’exécution pour la gouvernance. Mais aussi, la liberté de connaître par avance les portefeuilles ministériels qui leur seront accordés. Egalement, ils souhaiteraient avoir la latitude de désigner leurs représentants pour ces postes.

Un responsable de la majorité politique pense que cette démarche de l’opposition relève de la « mauvaise foi ». Car, dit-il, un gouvernement d’ouverture d’accord, mais de là à exiger un partage du pouvoir, c’est trop demander. Il explique que le président de la République ne cèdera jamais à cette demande.  Parce que l’opposition ne peut pas, selon lui, perdre les élections dans les urnes et vouloir tordre la main au président. Notre interlocuteur recommande que le président de la République fasse fi de la demande de l’opposition et de se réconcilier avec les religieux, notamment le Chérif de Nioro et Mahamoud Dicko, qui seraient les vrais acteurs des mouvements de rue. Il ajoutera que cette situation est un chantage qui ne dit pas son nom.

Pour sûr, il urge de mettre un gouvernement en place avec ou sans l’opposition, parce que ce blocage a mis le pays dans une situation de stagnation qui ne dit pas son nom.

Harber MAIGA

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