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Paix et réconciliation nationale : «La menace du Centre complique la mise en œuvre de l’Accord», selon l’ONU

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United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) Antonio Guterres attends a press conference following the UNHCRs annual Executive Committee meeting on October 3, 2014 at the United Nations Office at Geneva. AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI (Photo credit should read FABRICE COFFRINI/AFP/Getty Images)

Le secrétaire général des Nations unies a rendu public son rapport périodique sur la situation au Mali, le 5 mars. Selon lui, l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale connaît des avancées significatives dans sa mise en œuvre, mais la situation sécuritaire au Centre détourne l’attention.

« La menace, qui continue de se propager du nord vers le centre du Mali, détourne l’attention de l’Accord et en complique la mise en œuvre », explique le rapport. Selon lui, malgré l’importance des initiatives prises au niveau international, les conditions de sécurité ont continué de se dégrader, ainsi qu’en témoigne l’augmentation du nombre d’attaques terroristes visant les forces nationales et internationales, la Minusma et la population civile depuis 2016 (183 attaques en 2016, 226 en 2017 et 237 en 2018).  Le secrétaire général soutient que la menace, qui continue de se propager du nord vers le centre du Mali, détourne l’attention de l’Accord et en complique la mise en œuvre. Pire, avec l’expansion des groupes extrémistes, qui exacerbe les violences intercommunautaires, la multiplication des explosions touchant les forces de sécurité et les civils et l’accroissement du nombre de personnes déplacées, la situation en matière de sécurité devient plus complexe dans le centre du Mali. Il estime que la Mission onusienne au Mali accompagne actuellement le Gouvernement dans la définition des paramètres politiques qui doivent encadrer sa stratégie dans le centre du pays et se coordonne avec l’équipe de pays des Nations Unies pour renforcer son appui aux autorités maliennes, de sorte qu’elles puissent faire face à l’évolution rapide de la situation et assurer la protection des civils.

Une marche en dents de scie

Le secrétaire général affirme que la visite de ses sous-secrétaires généraux à Gao et à Mopti a confirmé que l’absence d’avancées concrètes sur le terrain et de dividendes de la paix pour le peuple malien demeuraient un problème de taille, même si des progrès ont été constatés dans la mise en place d’administrations intérimaires dans le nord du Mali. Il pointe aussi du doigt l’insécurité, le chômage, la non-participation des femmes et des jeunes au processus de paix et l’absence d’activités de développement et d’éducation ont été les principales préoccupations exprimées par les représentants de la société civile. Ces derniers, selon ses dires, ont estimé que les mesures proposées dans le cadre du processus de paix ne prenaient pas suffisamment en compte les questions de développement.

Il déplore aussi que l’attention portée à la mise en œuvre des piliers réconciliation, justice et aide humanitaire de l’Accord semblent s’être relâchée au fil des ans. Parlant de la justice, le rapport explique que la Commission vérité, justice et réconciliation chargée d’enquêter sur toutes les violations flagrantes des droits de l’homme commises au Mali entre 1960 et 2013 procède actuellement à la collecte et à l’archivage des informations. Ses six antennes régionales ont recueilli plus de 11 000 témoignages de victimes ces deux dernières années. Aussi, les enquêtes, les audiences publiques et l’élaboration d’une stratégie globale relative aux réparations devraient s’achever en 2019. Il informe par ailleurs que le débat de l’Assemblée nationale sur le projet de Loi d’entente nationale a été reporté à plusieurs reprises en raison des divergences de vues quant à son contenu et des critiques formulées par des organisations de défense des droits de l’homme.

Le secrétaire général rassure que la Minusma continue, dans sa configuration actuelle, de jouer un rôle essentiel à l’appui de la mise en œuvre de l’Accord. Il se réjouit que tous les interlocuteurs aient salué l’efficacité avec laquelle la Mission s’acquitte de son mandat politique par le truchement des bons offices de son représentant spécial. Il pense qu’ils se sont félicités du rôle actif de la Minusma qui, tout en consolidant le processus politique, a exécuté plusieurs tâches essentielles liées à la sécurité, en étroite coordination avec d’autres acteurs chargés de la sécurité sur le terrain, dont les forces de défense et de sécurité maliennes, la force conjointe du groupe de cinq pays du Sahel, les forces françaises et les missions de l’Union européenne au Mali.  Il se glorifie aussi que du fait de l’absence d’une autorité publique effective et du caractère limité de la présence de l’équipe de pays, il est souvent laissé à la Minusma le soin d’assurer certains services dont la responsabilité incombe à l’Etat ou à d’autres partenaires. Le rapport commente que la Mission a renforcé sa capacité à repousser les attaques complexes et sa contribution demeure essentielle dans les actions menées pour empêcher les groupes terroristes de prendre le contrôle des zones du Mali septentrional où la présence de l’Etat est encore limitée ou inexistante.

Il salue aussi les forces internationales et les acteurs régionaux qui, dit-il, ont joué un rôle important au moment de faire face à la crise qui secoue le Mali et d’établir durablement la paix et la stabilité. Partant, il reconnaît que la Force conjointe du G5 Sahel demeure un élément essentiel de la riposte contre la menace de l’extrémisme violent et de la criminalité transnationale organisée dans la région. Il pense que lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, la Force conjointe aidera les pays du G5 Sahel à renforcer le contrôle de leurs zones frontalières communes dans un premier temps, puis de leurs territoires nationaux respectifs dans un second temps.

Jean JACQUES

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