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Paysage politique: ADP-Maliba part en lambeau

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Après une première cassure qui a été presque fatale, avec la sortie de Amadou Thiam, de Sory Coulibaly et de plusieurs autres hauts cadres du parti, l’Adp-Maliba se retrouve aujourd’hui dans une situation comateuse avec plusieurs démissions annoncées. Si certains annoncent des raisons personnelles, d’autres n’hésitent pas à mettre en avant le manque de cohérence et de constance dans la ligne directrice du parti.

Créé après la présidentielle de 2013, le parti Alliance démocratique du peuple (Adp-Maliba) est un regroupement particulier sur l’échiquier politique malien. Tantôt dans l’opposition radicale, tantôt dans la majorité hypocoristique, les militants et les observateurs n’ont jamais compris le sens et l’orientation politique de cette formation politique au sein de laquelle cohabitent les uns incolores et les autres inodores. L’Adp-Maliba va dans tous les sens au point que certains se demandent si le parti n’a pas été créé pour assouvir les desseins inavouables d’un homme (Aliou Boubacar Diallo, président d’honneur). Ce dernier trainant un passif et un actif sulfureux qui hante son sommeil. Toujours embourbé dans des démêlées avec la justice nationale et internationale. D’où son obsession pour le siège de député, seul pouvant lui assurer une immunité parlementaire du moins pendant un certain temps.

La position de girouette que le parti joue sur la scène politique n’est pas du goût de plusieurs militants convaincus qui n’ont pas hésité à jeter l’éponge.

C’est le cas, de la section jeune la plus dynamique de ce regroupement, celle de Magnambougou secteur colline.

En effet, comme un couperet, le secrétaire général de cette section, dans sa lettre de démission, en date du 24 juin 2020, adressée au président du comité exécutif, explique : « je viens par la présente vous notifier ma démission et celle de l’ensemble des membres de mon comité… la décision est motivée par la nouvelle ligne politique du parti qui le prive de cohérence et de constance dans ses actions. A cela, il faut ajouter la nécessité du respect du principe d’honneur qui doit caractériser tout homme, surtout dans le contexte actuel d’un  Mali en quête de modèle pour se rebâtir. »

Voilà qui est on ne peu plus clair, lorsque les désormais ex-militants trouvent que le parti manque de vision, de cohérence, de constance et même d’honneur. Cela résume en substance la réalité au sein de ce parti. Plus tard, le sieur Hassana Diakité, qui a assuré le poste de communicant dans le bureau des jeunes, revient pour préciser « l’homme, c’est la constance et la politique, c’est la conviction… »

L’incohérence dans ce parti a longtemps été décriée par plusieurs militants qui n’ont pas hésité à claquer la porte. A l’image de Sory Ibrahim Traoré, ancien secrétaire général du parti. Il écrivait à l’époque « Aliou Diallo pense que les acquis du parti sont dus au seul pouvoir de son argent.»

A l’Adp-Maliba les jeunes n’hésitent point à se donner en spectacle sur la place publique en affrontant ouvertement le président du comité exécutif. Mieux, le bureau exécutif ne passe pas par mille chemins pour traduire des militants devant les tribunaux. Une belle façon de prouver aux yeux du monde que la cohérence et la cohésion ne sont pas les choses les mieux partagées au sein du parti.

L’exemple frappant d’incohérence et de manque de constance dans ce parti est le président d’honneur en personne, Aliou Boubacar Diallo, en apprenti politique, il ne manque pas une occasion pour se donner en spectacle quitte à jouer au bouffon à Bagadadji. Son dernier spectacle, en date, remonte  il y a deux semaines, lorsqu’il décide avec des camarades de créer un ‘’Club des députés du peuple’’. En cela, il oublie que le député est un élu du peuple. Le jeune député Assane Sidibé,  élu en commune IV du district de Bamako, à qui, Aliou Diallo devait d’ailleurs de l’argent un moment, a trouvé les mots justes pour l’apprendre que les députés ne sont  pas élus pour former un club de soutien à un régime ou à un président de la République.

Selon plusieurs indiscrétions, les démissions en cascade dans ce parti sont la preuve du malaise profond qui règne en son sein. Aussi que les jours et les semaines à venir verront d’autres démissions et pas des moindres pour incohérence.

Pour sûr, comme un hanter par le diable, le président d’honneur peut continuer à se battre pour empêcher la dissolution imminente de l’hémicycle. C’est de bonne guerre lorsqu’on a le fond du pantalon troué, on vit dans l’incertitude du lendemain. Entre la dissolution de l’Assemblée nationale et le temps de son renouvellement beaucoup de choses peuvent se passer.

Dieu veille !

Harber MAIGA

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