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Phénomène de poissons morts à Bamako: les éclairages du Dr. Alamir Sinna Touré, environnementaliste

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Suite à la mort de centaines poissons après la première grande pluie enregistrée à Bamako la semaine dernière, Dr. Alamir Sinna Touré, environnementaliste et spécialiste en aménagement, donne des éclairages.

‘’Mon opinion sur les poissons retrouvés morts à la suite de la première grande pluie, tombée à Bamako le jeudi dernier.
Je doute des quantités de poisson présentées dans les réseaux sociaux pour la zone de Baguineda. Pour moi, l’alerte est acceptable dans son principe, mais elle doit être proportionnelle à l’ampleur du phénomène.
Je présume qu’il y a eu effectivement plusieurs poissons retrouvés morts après la pluie. Cela peut être lié à un phénomène d’eutrophisation. Cette dernière
peut être provoquée par l’augmentation de concentration d’azote et de phosphore issus du processus de décomposition des débris végétaux (branches d’arbres, feuilles mortes, résidus de culture, déchets végétaux divers) et des animaux morts, entraînés par les coulées de boue et les eaux de ruissellement en la faveur de la pluie. Il s’ensuit le développement de microorganismes, notamment des algues qui absorbent très rapidement de grandes quantités d’oxygène entraînant une asphyxie du cours d’eau. Les poissons sensibles, privés d’oxygène, ne peuvent pas survivre.
A cela, s’ajoute l’augmentation de la turbidité et de la sédimentation, occasionnés par la forte concentration de particules en suspension transports les eaux de ruissellement qui se déversent dans les cours d’eau. La privation de lumière qui résulte au fond favorise le développement de bactéries, capables de sécréter des toxines mortelles pour les poissons.
En plus, à Baguineda avec les périmètres irrigués, nous sommes dans un milieu agricole avec une forte utilisation d’engrais chimiques. En la faveur des fortes pluies, le canal peut être faire l’objet de concentrations élevées de phosphore et d’azote, entraînés occasion aussi l’eutrophisation du canal.
En somme, la mortalité des poissons constatée peut être liée à pollution du cours d’eau avec les apports des déchets organiques et aussi l’utilisation des engrais. Mais, tous les poissons consommés à Bamako ne sont pas forcément affectés par ce phénomène. Ils proviennent essentiellement de Selingué, de la pisciculture ou même importés dans de zones encore moins polluées que Bamako et ses environs.
Que Dieu sauve le Mali.’’

Dr. Alamir Sinna TOURE

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