Home à la une Politique : l’ADP-Maliba, le parcours d’un parti girouette

Politique : l’ADP-Maliba, le parcours d’un parti girouette

118
0

Le parti ADP-Maliba est l’une des rares formations politiques à ne pas garder un minimum de constance depuis sa création. Tantôt, il est de la majorité, tantôt il se réclame de l’opposition. En autant d’année, autant de décisions contradictoires. Sa récente décision est une preuve parmi tant d’autres.

Créé en janvier 2013 le parti Alliance démocratique pour la paix-Maliba a fait son entrée dans le paysage politique. Il est à l’initiative de Aliou Boubacar Diallo, un homme d’affaires malien très controversé. Le supposé richissime et promoteur des plusieurs entreprises privées se lance ainsi dans la vie politique et à la conquête du pouvoir. La décision fait naître beaucoup d’espoir pour les militants de ce jeune parti d’alors de faire autrement la politique.

Un espoir qui ne fera pas de lendemain meilleur à cause de l’inconstance, l’incohérence de l’ADP-Maliba dictées par le président d’honneur dudit parti, Aliou Boubacar Diallo. Ce dernier, selon de nombreux observateurs politiques, a fait de l’ADP-Mali un moyen de se couvrir, car il est cité dans plusieurs affaires judiciaires au Mali et dans le monde.  Par ces faits,  le parti ADP-Maliba cité par les grands partis politiques, est l’une des rares formations politiques indexée par son inconstance chronique. Ça va dans tous les sens : il est tantôt de la Majorité, tantôt de l’Opposition. Du coup, il est difficile de déterminer sa ligne politique et son idéologie pour le développement du pays. Par conséquent : ADP-Maliba est honni à cause de son incohérence.

Dès l’année de sa création, le pays a organisé son élection présidentielle pour mettre un terme à la transition politique dirigée par le président Dioncounda Traoré. A cette élection, Aliou Boubacar Diallo a renoncé à sa candidature pour soutenir, à l’époque, le candidat Ibrahim Boubacar Keita qui sera élu plus tard au second tour du scrutin présidentiel face à Soumaila Cissé. A cette occasion, ABD avait mobilisé plusieurs millions de FCFA en faveur de l’élection de IBK, selon des sources proches du parti.

Ces appuis seront consolidés par des députés élus sous les couleurs de l’ADP-Maliba (quatre élus de la nation) au sein de l’Assemblée nationale, en 2013. Après trois ans de complicité, le parti décide de retirer son soutien au président IBK. Le 11 juillet 2016, le parti ADP au sortir d’une réunion extraordinaire suspend sa participation à toutes les activités de la Majorité présidentielle. Amadou Thiam, alors, était aux commandes. Les raisons avancées : les promesses non tenues par le président, l’insécurité. Ce jour, le parti avait opté de ne pas inscrire ses actions dans l’Opposition. Mais très vite, il va former avec Sadi un groupe parlementaire se réclamant d’Opposition à l’Assemblée nationale.

Ces décisions controversées seront suivies de plusieurs autres. En effet, sous prétexte de la mauvaise gestion du pays par le président Ibrahim Boubacar Keita, le parti ADP-Mali dont Aliou Boubacar Diallo est le président d’honneur pactise avec l’Opposition malienne pendant deux ans pour combattre le régime en place. En dépit de ce combat mené avec d’autres formations politiques, ADP-Maliba n’a pas hésité en 2018 à trahir ses alliés de l’époque.

Arrivé troisième à la présidentielle de 2018, ADP-Mali, au lieu d’appeler à voter Soumaila Cissé, a surpris plus d’un. Alors que sa décision était très attendue contre IBK, il décide ne de pas donner de consigne de vote. Au même moment, le Chérif de Nioro qui est leur supposé parrain appelait tous ses fidèles à un vote sanction contre le président sortant. Ni son combat pour l’alternance, ni l’appel du Chérif de Nioro n’ont été suffisants pour donner une directive aux militants et sympathisants du parti. En reniant son engagement au sein de l’Opposition,  Aliou Boubacar Diallo a préféré garder le silence.

Autre incohérence a été la décision de Aliou Boubacar Diallo avec la bénédiction de certains responsables du parti de pousser à la démission le président Amadou Thiam pour avoir opté de s’allier avec le pouvoir. Quelques mois seulement après ces faits, ce même parti va faire contre toute logique une rentrée fracassante encore dans la Majorité présidentielle en signant l’Accord politique de gouvernance du 2 mai 2019. Où est la logique, la cohérence, la constance dans la démarche ? Or, sans ces éléments une formation politique est plus qu’un GIE (Groupement d’Intérêt économique).

C’est grave que ADP-Maliba récidive ce qu’il reprochait à Thiam. Comme cela ne suffisait pas, avec les dernières évolutions de la situation socio-politique, dans un communiqué laconique signé par le président Youba Ba, l’ADP-Maliba affirme une énième de fois qu’il se retire de la Majorité présidentielle. C’est toujours le même refrain qui est avancé pour soutenir ce revirement de position.

Las de jouer les girouettes pour assouvir les désirs d’un homme plusieurs cadres ont claqué la porte et d’autres démissions s’annoncent. L’incohérence dans la ligne du parti et la volonté du président d’honneur sont passés par là.

De l’histoire de la jeune démocratie malienne, aucun parti ne s’est montré aussi inconstant sur la scène politique l’ADP-Maliba. Toute chose qui fait dire à beaucoup que c’est un parti girouette.

A suivre.

Harber MAIGA

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here