Home à la une Rétrospective 2020 de A à Z : une année de preuves et d’épreuves...

Rétrospective 2020 de A à Z : une année de preuves et d’épreuves !

84
0

Elle a terminé comme elle avait débuté. 2020 restera longtemps gravée dans les annales de l’Histoire de l’humanité. Une année horrible avec son lot de preuves et d’épreuves. Le monde entier a été secoué et le Mali n’a pas fait exception à cette règle. Retour sur quelques faits marquants de cette année que personne ne regrettera.

A, comme attaques

Les groupes armés terroristes n’ont pas du tout chômé en 2020. A l’instar des autres années, ils se sont donné à cœur joie à ce qu’ils savent faire le mieux : terroriser les pauvres civiles et harceler les forces de défense et de sécurité. De Kayes à Kidal en passant par Bamako, Ségou, Mopti et Sikasso, que de sang versé. L’activité terroriste a été des plus soutenues depuis le début du phénomène dans notre pays. L’organisation des Nations unies a dénombré plus de 500 cas d’attaques durant cette année. Comme quoi, 2020 a été vraiment horrible.

Dans la classe de la lettre A, on retrouve aussi l’armée. Eh oui ! Elle s’est manifestée dans le pays cette année par non seulement son plus haut forfait, le coup de force perpétré le 18 août 2020 ayant précipité le pays dans l’aventure d’une transition en cours. Les éléments des forces armées ont investi le champ politique et jouent aujourd’hui les premiers rôles dans la gestion de la République.

La réalité du pouvoir, ils la détiennent. Il s’agit notamment de la présidence de la République, la vice-présidence créée de toutes pièces, les postes de souveraineté dans le gouvernement comme la défense, la sécurité, l’administration territoriale ou le ministre de la réconciliation et enfin la tête du prestigieux Conseil national de transition qui fait office d’organe législatif.

B, comme Bah N’Daw et Boubou Cissé

Il est aujourd’hui président de la transition pour au moins 18 mois. Mais, c’est un homme que rien ne prédestinait à ce poste.

Soldat à la retraite, Bah N’Daw a occupé plusieurs postes de responsabilité dans la haute sphère de l’Etat. Alors qu’il pensait bénéficier de sa retraite paisiblement dans son champ, voici que ses enfants qui ont pris le pouvoir le 18 août l’appellent pour diriger la transition. Depuis, N’Daw tente d’imposer sa marque, mais ses fils de colonels le surveillent trop et lui font même de l’ombre. Quoi de plus normal quand il affirme être au-dessus de la mêlée. Alors même qu’il devait être au centre de l’arène où ça se boxe et les coups se perdent dans tous les sens. Pourtant, depuis son intronisation, les Maliens attendent toujours de voir la concrétisation de ses grandes déclarations, notamment la lutte contre la corruption, le retour de l’autorité de l’Etat, entre autres.

S’il un autre nom a vraiment marqué la défunte année, c’est bien Boubou Cissé qui, à lui seul, a cristallisé tous les débats politiques. Après la démission de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga le 18 avril 2019, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances récupère le fauteuil et garde par devers lui non seulement son ancien portefeuille, mais aussi se rattache 49 des services les plus stratégiques du pays. A ce poste, il retrouve un vieux dossier qu’il connaissait assez bien, l’application du fameux article 39 du statut des enseignants. Les rues du pays se sont subitement remplies des « gens-saignants ». Entre l’entêtement du PM à appliquer une loi déjà votée et le niet catégorique des enseignants, le président IBK s’est vu obligé de descendre dans l’arène pour exiger l’application immédiate de la loi. Cette loi ne sera jamais mise en œuvre jusqu’au départ du régime. Avant, Boubou Cissé avait réussi à se mettre à dos toute la République, y compris son protecteur, l’imam Dicko, qui a fini par le renier publiquement et demander son départ de la tête du gouvernement. Après la chute du régime, Boubou a été gardé dans les locaux de Kati. Après sa libération, il sera mis en cause dans un prétendu projet de déstabilisation des institutions de la République. Depuis lors, le Haoussa est en cavale.

C, comme Covid et Coup d’Etat

L’un des faits saillants de l’année 2020 reste la démission de ses fonctions du président Ibrahim Boubacar Keïta à la suite d’une mutinerie qui n’a pas dit son nom. Des soldats répondant au nom d’un fameux Comité national pour le salut du peuple (Cnsp) ont fait irruption sur la scène publique. Ils ont affirmé être désormais les patrons du pays et se sont engagés à rendre le pouvoir aux civils dans les plus brefs délais. Ce qui s’est passé après se passe de tout commentaire. Mais, c’était aussi ça l’année 2020.

Ces mutins, obnubilés par les délices du pouvoir, ont oublié que le pays était déjà subjugué par la pandémie de la Covid-19, jusqu’à ce que la seconde vague les réveillent de leur léthargie. Les cas de contamination leur rappellent que le Mali ne fait pas exception à la marche mondiale.

Parlant de coup d’Etat, l’année 2020 a failli en connaître deux, si l’on s’en tient aux évolutions de l’actualité nationale au cours des dernières heures de 2020. Boubou Cissé serait à la tête d’une bande qui envisagerait de perpétrer un coup d’Etat. Cette affaire a fortement mouvementé la fin d’année, avec l’arrestation de plusieurs personnalités dont Youssouf Mohamed Bathily dit Ras Bath, chroniqueur radio, Vital Robert Diop, directeur général du « Pari mutuel urbain » (PMU) ; Souhahébou Coulibaly, directeur général de l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (Agefau) et de son adjoint Aguibou Tall ; Madou Koné, payeur général du Trésor public et Sékou Traoré, secrétaire général de la présidence. Ils sont tous inculpés pour une prétendue tentative de déstabilisation des institutions de la République. En attendant de voir clair dans le fond de ce dossier assez curieux, ils séjournent pour le moment dans les cellules de la Maison centrale d’arrêt de Bamako.

D, comme Démission

S’il y a un mot qui n’est pas recommandé dans l’inconscient du peuple malien, c’est la démission. En effet, le soir du coup de force du 18 août, les Maliens ont découvert le président élu en 2018, très affaibli et visiblement tourmenté. IBK annonce sa démission de toutes ses fonctions. Même s’il affirme n’avoir pas eu le choix sous la menace de ceux qu’il a qualifiés de certains éléments des forces de défense et de sécurité pour qui il aurait tous fait pour leur bien-être. Dans sa chute nocturne, IBK n’était pas le seul à tomber ce soir-là. Il a entrainé avec lui la sixième législature fraichement élue. Mais, avec eux, tous les députés qui ont affirmé à qui veut l’entendre qu’ils ne démissionneront pas sous la pression de la rue qui devenait insupportable. Moussa Timbiné en est l’exemple parlant. Pour son maintien, il est allé jusqu’à proposer la tête de Boubou Cissé sur un plateau d’argent. Mais c’était ignorer la malédiction malienne qui voudrait qu’on ne prononce jamais l’expression : ‘’je ne démissionne pas’’. Bon, disons qu’il a appris cela à ses dépens.

Il y a un autre qui semble n’avoir rien compris dans ce diction. Il s’agit de Bah N’Daw, l’actuel président de la transition. Réputé être prompt à rendre le tablier, il a profité de sa dernière visite en Côte d’Ivoire pour réitérer sa volonté de ne jamais démissionner, ce, malgré les pressions tous azimuts. Pour beaucoup d’observateurs, c’était la phrase fétiche qu’il ne fallait pas prononcer. En attendant de voir ce que lui réservera le sort, il préside toujours aux destinées du peuple malien, du moins pour cette période intérimaire.

 

E, comme embargo

Le Peuple malien est résilient. Cela, il l’a démontré en 2020, lorsqu’au lendemain du coup de force de la junte de Kati la Cedeao a décidé de mettre le Mali sous embargo. Entre la volonté de la nation de ne pas céder à l’inflation des prix qui aurait pu subvenir et la volonté des autorités de soulager les populations, l’économie nationale a su résister tant bien que mal.

F, comme forces de défense

Les forces armées maliennes ont été au centre de toutes les polémiques en 2020. Entre les accusations du comité d’experts des Nations unies qui les accuse d’accointance avec certains réseaux mafieux ou même d’exécution sommaire dans le Centre du pays, les forces armées maliennes ont toujours démenti.

G, comme grève

Le front social était en ébullition en 2020. Presque toutes les corporations sont rentrées dans la danse. Des enseignants aux médecins, en passant par les DRH et travailleurs de l’administration publique, tous ont débrayé pour exiger l’application des accords signés avec le gouvernement en 2014, relatifs à une revalorisation du traitement salarial. Pour ce faire, ils ont fait voir de toutes les couleurs à l’Etat. Et le dernier acte en date et le plus marquant restera la semaine de grève de la plus grande centrale syndicale du pays, l’Untm. Une grève qui a paralysé le pays tout entier et a fait perdre des centaines de milliards F CFA. Les grévistes ont mis la barre tellement haut que l’année 2020 s’est achevée sans qu’un accord soit trouvé entre les deux parties. Pour sûr, les négociations continuent à ce jour.

H, comme Hommage

Réhabilité en 2016 après son retour d’exil, la nation malienne a rendu un hommage digne de son rang à Amadou Toumani Touré, lors de son décès. Hommage mérité au regard des actions posées par l’homme. Rarement, un homme a bénéficié de tant de reconnaissances de la nation après son décès.

I, comme ingérence

Dialogue avec les groupes terroristes maliens. C’est à cette résolution que sont parvenus les Maliens, d’abord lors du Dialogue national inclusif, ensuite lors des concertations nationales. Seulement, cette idée semble déranger la France qui continue de vouloir s’opposer au processus. En cela, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a réaffirmé cette position lors de sa dernière visite au Mali. Il a reçu une réponse claire et limpide du Premier ministre Moctar Ouane qui a indiqué que cette décision est la volonté du peuple souverain du Mali. De quoi calmer les ardeurs de la France et lui dire de se mêler de ce qui la regarde.

J, comme Justice

Pour plusieurs Maliens, c’est le secteur d’où partent tous les maux de la société malienne. L’année 2020, la justice malienne s’est retrouvée au centre de toutes les controverses. Aucun segment de la justice n’a été épargné. En cela, c’est la Cour constitutionnelle qui a ravi la vedette aux autres paliers de la justice malienne en 2020. Pour beaucoup, la gestion des résultats des dernières législatives par la Cour constitutionnelle a été l’élément déclencheur de la crise sociopolitique qui a fait chuter le régime IBK. Cette crise a poussé le président de l’époque à déposer Manassa Danioko et les autres pour tenter de calmer la rue, mais en vain. Aussi pour l’année écoulée, les magistrats ont montré leur ferme volonté de faire respecter leur corporation. Ainsi, ils sont nombreux les activistes et autres animateurs radios qui ont été placés sous mandat de dépôt suite à des plaintes des syndicats de la magistrature.

K, Kaou N’Djim

Ce personnage a vraiment marqué l’année 2020. Coordinateur de la CMAS et très proche de l’imam Dicko, Issa Kaou N’Djim a joué toute sa partition dans le mouvement qui a eu raison du régime IBK. Personnage très controversé, celui dont on dit ancien vendeur de percal a la langue mielleuse et sait adapter son discours aux circonstances. Porte-parole de l’imam Dicko qu’il finit par surnommé ‘’l’éclairé ou le sage’’, Issa Kaou N’Djim n’a pas hésité à divorcer d’avec ses anciens alliés du M5-RFP pour se retrouver du côté des militaires au lendemain de la chute du régime IBK. Car pour lui, leur mission était terminée. Il affirme même que le M5-RFP est mort de sa belle mort.

L’autre personnage symbolisé par la lettre K et qui a marqué l’année reste Karim Keïta, le fils du président IBK. Une personnalité insaisissable. Son nom alimente tous les débats. Et il serait mêlé à tout sous le règne de son père. Il est parvenu à se faire élire député, puis président de la prestigieuse Commission défense de l’Assemblée nationale, Karim, selon plusieurs observateurs, était le pilier central du régime IBK. A ce jour introuvable, il a miraculeusement disparu à la chute du régime de son père.

L,comme libération

S’il y a une bonne nouvelle que l’année 2020 a apportée, c’est bien la libération de Soumaïla Cissé des mains de ses ravisseurs. L’homme a été capturé alors qu’il battait campagne dans les alentours de Niafounké. Il a passé six mois en otage dans le Sahara. Aussi, 2020 a connu le limogeage le plus rapide de l’histoire du Mali. Il s’agit de celui de l’ancien Directeur général des renseignements généraux, Lassana Doumbia. Nommé le lendemain du coup de force du 18 août, il a été limogé moins d’un mois après. Sur ce sujet, chacun y est allé de son commentaire. Des rumeurs font état de chantage qu’il aurait tenté de faire à des opérateurs économiques, d’autres estiment que ses employeurs du jour lui auraient trouvé des attaches avec des anciens dignitaires du régime défunt. Dans l’un ou l’autre cas, son licenciement précoce continue de susciter des interrogations.

M, comme mort

L’année 2020 a été particulièrement mortelle. Au-delà des victimes de l’insécurité civile et militaire qui se comptent par centaines, des grandes personnalités du pays ont été emportées par la grande faucheuse. Parmi eux, on peut citer les présidents Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré, l’ancien ministre Hamadou Konaté, Soumaïla Cissé, Ibrahim Bocar Bah, des anciens députés comme Belco Bah, Niamé Keïta, entre autres.

N, comme nomination

La mise en place du Conseil national de transition (CNT) s’est déroulée dans une cacophonie et une ambiance digne d’une fête foraine. Les membres devant y siéger devraient en principe être choisis en fonction du quota fixé pour chaque composante de la nation malienne. Mais au lieu de cela, des individus ont été nommés sur la base du pouvoir discrétionnaire du vice-président de la transition. Les quotas et les choix d’aucune corporation n’ont été respectés. Ce qui fait dire à certains que ce sont des nommés qui n’ont aucune légitimité. Donc, ils ne sauraient parler au nom du peuple malien.

O, Moctar Ouane

A la suite du coup de force du 18 août, il lui a été fait appel pour diriger l’équipe gouvernementale de transition. Moctar Ouane, diplomate chevronné, peine à trouver ses marques à la primature. Ses dernières sorties ont laissé l’image d’un homme qui, vraisemblablement, n’a aucune mainmise sur l’appareil d’Etat. Il donne l’impression d’un figurant. Dubitatif et imprécis, le Premier ministre est méconnaissable, alors qu’il a toujours eu la maitrise de son sujet en tant que diplomate.

P, comme prison

Les surveillants pénitenciers du Mali ne se sont pas du tout ennuyés l’année passée. Ils ont eu de la matière à surveiller. Parmi leurs clients de 2020 figurent des personnalités de renommée, Bakary Togola, Adama Sangaré, Sidiki N’Fa Konaté, Sidiki Diabaté, Sékou Alpha Djittèye, Vital Robert Diop, Ras Bath, entre autres. Du beau monde qui est venu grossir les rangs de la prison centrale de Bamako.

Q, comme quittance

Pour endiguer le phénomène de corruption dans la circulation routière, les autorités ont décidé en 2020 de doter les policiers de la compagnie de la circulation routière (CCR) de quittanciers pour les infractions qui seront commises en circulation. Espérons que cela soit la solution aux rackets policiers quotidiens.

R, comme routes

Il n’y a pas de route au Mali. Les citoyens se sont résolus à cette évidence l’année dernière. Il n’a fallu que deux à trois pluies pour que les Maliens comprennent que le réseau routier est dans un état de putréfaction très avancé. Les traditionnels nids de poule ont laissé place à des niches de dinosaures. Cet état de fait a coûté au directeur national des routes et celui de l’Ageroute leurs fauteuils.

S, comme santé

La pandémie du coronavirus a permis de mettre à nue la fragilité du système de santé du Mali. A l’avènement de la pandémie, les Maliens se sont rendus compte à quel point le dispositif sanitaire du pays est obsolète et précaire.

La lettre S symbolise surtout la sécurité. L’année dernière, le pays était devenu presqu’un no man’s land. Des nouvelles formes de banditisme ont vu le jour. Des braquages à main armée et en plein jour, des coupeurs de routes qui règnent sur des voies d’accès nationales, armés de fusils de guerre. Ce sont entre autres les caractéristiques de l’insécurité à Bamako et dans les grandes villes.

T, comme transition

2020 a surpris les Maliens avec une transition après celle de 2012. Le 18 août 2020, une mutinerie éclate dans le camp militaire de Kati, des militaires en ont profité pour déposer le régime agonissant en place. S’en est suivi la mise en place d’une transition dont la durée est fixée à 18 mois. Mais la gestion de cette transition continue à ce jour de diviser acteurs politiques, société civile et militaires.

U, comme université

L’école malienne est malade depuis belle lurette, mais l’enseignement supérieur est agonissant par la faute d’étudiants organisés en bande armée et qui terrorisent leurs camarades et le corps professoral. Ces étudiants, au nom du syndicat estudiantin, s’adonnent à toute sorte d’abus. Les affrontements entre eux n’ont rien à envier à un film western. Les armes à feu et les coups et blessures mortels y sont légion. L’année dernière, le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur a décidé d’endiguer le phénomène en réduisant le champ d’action de ces hors-la-loi. Ainsi, il a décidé de leur retirer la gestion de toutes les infrastructures qui leur servaient des sources de revenus. Depuis cette mesure, les violences sur les campus sont rares.

V, comme Vice-président

Cette nouvelle création, le peuple l’a découverte lors des journées de concertations nationales qui ont suivi la prise du pouvoir par les militaires. Contrainte par la communauté internationale de rendre le pouvoir aux civils, la junte militaire a décidé dans ce cas de rester dans les parages. Ils ont créé un poste de vice-président pour leur leader Assimi Goïta, en violation flagrante de la Constitution du Mali. Pour se donner un peu de contenance, on lui a attribué des missions spécifiques, telles que la défense et la sécurité. Mais dans les faits, c’est lui qui détient la réalité du pouvoir.

Z, comme Zahabi

C’est le nom de l’homme qui préside aux destinées de la Commission nationale de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) créée à la suite de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. L’année dernière, cette vaste opération devant parachever le processus pour un retour à la normalité.

Harber MAIGA

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here